Une brève histoire de l’Homme
Il fut un temps où l’Homme courait les steppes de la planète à chercher la nourriture pour se sustenter. La glorieuse époque du chasseur-cueilleur et du nomadisme. Il ne cherchait alors qu’à survivre dans un monde lui étant hostile et qu’il ne domina pas.
Avec l’avènement de l’agriculture, l’Homme se concentra dans des hameaux et devint sédentaire. Il était protégé de certaines agressions extérieures, mais découvrit alors de nouvelles émotions (jalousie, convoitise, influence sur ses semblables) qu’il n’avait pas l’habitude de gérer: la vie en communauté demanda des compromis et quelques règles qui commencèrent alors à être mis en place pour contrecarrer ces mauvaises pensées et par ailleurs permettre aux plus forts de contrôler les plus faibles.
On inventa alors une forme d’asservissement pour maîtriser les masses: les mythes et plus tard les religions. L’allégeance qui devait être faite permettait d’éviter le soulèvement des masses. Les dieux qu’on inventa étaient personnifiés sur Terre par des rois, pharaons, empereurs, chef de tous poils. Il leur suffisait de brandir un bâton, ou tout autre symbole rattaché à ces légendes, pour contrôler des milliers d’individus.
Quelques millénaires plus tard, la concentration fût augmentée pour créer les premières villes (Mésopotamie, Égypte puis Chine), car l’Homme, dans son génie universel, se rendit compte qu’il était plus facile d’accéder à un certain confort, une sécurité, des infrastructures moins chères à mettre en œuvre, comme l’eau courante, les égouts. Nous pouvons qualifier cela de progrès technique amenant vers la prospérité du genre homo sapiens.
Seulement, voilà, le cerveau et son évolution furent plus lents à se mettre en œuvre de sorte que l’Homme se crut encore en train de lutter pour sa survie au milieu d’autres espèces hostiles. Il fomenta des coups d’états, des conquêtes territoriales, car la soif de pouvoir, de contrôle, la convoitise et la jalousie ne pouvaient être correctement gérées par un cerveau encore primitif.
Malgré quelques millénaires supplémentaires, les choses ne changèrent guère. Aux temps dits modernes, l’Homme trouva un nouveau moyen d’asservir ses semblables.
Du fait du manque certain d’évolution cognitive, l’Homme continua à se nourrir comme s’il devait partir à la chasse au mammouth, oubliant de fait qu’il devint sédentaire. Il ingurgita des tonnes d’aliments lui faisant augmenter ses réserves graisseuses, comme un animal en ferait pour une hibernation. Pour répondre à cette demande, des terres autrefois non fertiles furent arrosées de produits chimiques pensés par la main de l’Homme, sans véritable consultation des effets à long terme, contaminant les réserves d’eau potable, seul et véritable besoin des espèces vivantes.
L’Homme crut donc bon de détruire l’écosystème de son lieu d’accueil dans sa soif de conquête et d’évolution sans réflexion. En soit, cela ne fut pas très grave, la Terre en vut d’autres.
Grâce, bon an mal an, à cette abondance de nourriture, homo sapiens proliféra aux quatre coins du monde. À l’aube du XXe siècle de l’ère chrétienne, l’augmentation de ses représentants fut spectaculaire. Malgré tout, des disparités importantes étaient visibles entre les régions du nord et du sud si bien qu’on vit parfois des révoltes de groupes voulant simplement se nourrir.
La vie dans les villes continua et attira davantage de gens autrefois dévolus à des tâches agricoles. Mais l’idée d’une vie moins rude, plus riche était plus forte que la raison. L’Homme s’entassa sur les faubourgs des grandes agglomérations dans des cages indignes de son rang. Les illusions de jours meilleurs furent vite évanouies.
L’Homme ne se posa jamais la question de savoir si sa façon de vivre en communauté, concentré, aggloméré, entassé, était réellement adaptée à ses réflexes primaires d’ancien chasseur-cueilleur, plus solitaire, ayant un besoin irrépressible d’espace. Car aussi étrange que cela puisse paraître et bien que de nouveaux changements sociaux aient vu le jour, l’Homme ne se sentit jamais aussi seul et perdu.
Ainsi vécut et s’éteignit l’espèce d’homo sapiens, la dernière représentante du genrehomo. Une courte histoire de quelque 40’000 révolutions terrestres autour de son astre, le Soleil (à mettre en relation avec les quelque 3.5 milliards dès l’apparition de premières traces de vie à base de carbone sur la planète bleue).
Elle sera connue comme celle ayant engendré sa propre destruction. Mais aussi, celle qu’eût les capacités cognitives nécessaires pour des inventions fabuleuses qui se voulaient une sorte de contrepied à la fatalité, dont homo sapiens était (trop) consciente: le langage, la peinture, l’écriture, les sciences comme la philosophie, la médecine, l’astronomie. Et sa volonté inépuisable de comprendre le monde qui l’entoura au moyen de ses découvertes.
Elle sera aussi connue pour avoir été la première à s’être détachée de sa planète et conquit son système solaire.
| Imprimer l'article | Cette entrée a été posté par Tony le 25 novembre 2009 à 23 h 31 min, et placée dans Humeurs. Vous pouvez suivre les réponses à cette entrée via RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse, ou bien un trackback depuis votre site. |






