Il y a quelque temps j’avais fait un test des performances des différents produits de traitement des fichiers bruts photo. On pouvait y voir les différences notables de vitesse.
Aujour’dhui, quelques mois plus tard, j’aimerai profiter de l’occasion pour revenir sur ces programmes et jeter un coup d’oeil aux différences subtiles dans le rendu des images en sortie, mais aussi ce que l’on voit à l’écran pendant le travail sur le fichier.

J’ai pris un fichier de mon EOS 30D, réalisé avec les données suivantes :

Focale 24 mm (eq. 38mm en 24×36)
ISO 800
Exposition au flash 1/10


Tous les fichiers JPEG de sortie de chaque programme ont été limités à 1200px et 180ppp avec une qualité maximale de manière à ne pas apporter d’artefacts supplémentaires.

Le but du jeu est de garder les rendus par défaut des programmes de manière à se rendre compte des différences.

Nous commençons dans l’ordre alphabétique par Aperture d’Apple :

Aperture
Vu complète après importation du fichier (oui, les jeunes femmes sont charmantes :)
Aperture 100%
Lorsque l’on affiche l’image à 100%, voici le résultat obtenu.
Sortie Aperture
Le résultat de sortie est identique à ce que nous avons à l’écran

Nous passons maintenant à Capture One en ß2.

Capture One
On note une légère différence avec Aperture, mais l’affichage est relativement proche. Aperture affiche l’image avec un poil plus d’accentuation.
Capture One 100%
En agrandissant, on voit quelques artefacts d’affichage apparaître, mais rien de bien dramatique.
Résultat Capture One
En sortie, l’image est moins contrastée en comparaison à Aperture donnant cette impression de voile sur l’image. Cela peut être corrigé facilement, car le fichier sorti est comparable à ce que l’on obtient à l’écran.

Au tour de Digital Photo Professional dans sa dernière mouture 3.2.

DPP
L’image ici a une certaine dominante chaude.
DPP 100%
Lorsqu’on fouille plus en avant l’image, l’apparition d’un vilain bruit coloré fait craindre le pire, alors que nous sommes uniquement à 800ISO sur un boîtier qui est plutôt bon dans la gestion du bruit.
Résultat DPP
Heureusement, à l’export, l’image devient un peu plus subtile et la dominante chaude n’est plus. Le bruit par ailleurs est bien plus limité que ce que laisse voir la précédente capture. C’est ici que l’on se rend compte des limites de DPP qui par ailleurs offre un résultat très bon. Seulement, il est impossible de juger du réel résultat pendant la phase de traitement.

Nous arrivons maintenant au programme le plus en vogue du moment, Lightroom 1.3.

Lightroom
On retrouve un affichage plus en rapport à la réalité.
Lightroom 100%
On remarque que cette zone d’ombre est bien plus bouchée que sur les programmes précédents et un moutonnement plus important.
Résultat Lightroom
En sortie, on retrouve ce qui était affiché dans la fenêtre de développement.

Avant-dernier de la liste, le petit poucet, Lightzone 3.2.

Lightzone
L’histogramme dans Lightzone affiche des valeurs bien différentes des autres pour une raison que j’ignore.
Lightzone 100%
Il y a une subtilité avec l’histogramme de cette application, il est dynamique. C’est-à-dire que les valeurs changent en fonction du bout d’image affichée au milieu. Donc, lorsqu’on zoome, l’histogramme s’adapte, c’est un peu ce que l’on retrouve sur certains compacts ou dans les systèmes LiveView des différentes marques.
Résultat Lightzone
À l’export, l’image est la même que l’affichage. On note que l’image est moins contrastée que Lightroom, ce qui permet d’avoir un dégradé moins abrupt dans les zones d’ombre.

Pour terminer et pour simplement valider que le traitement dans ACR est le même que sur Lightroom.

ACR
ACR 100%
Résulat ACR

Aussi, et pour se rassurer en quelque sorte, j’ajoute deux copies d’écran. Une en provenance de Photoshop et l’autre d’Aperçu d’OS X. Les images affichées sont les 6 JPEG de sortie ci-dessus. Les différences colorimétriques n’existent pas, et heureusement d’ailleurs.

Affichage Photoshop
Photoshop
Aperçu
Aperçu

En conclusion
Depuis la sortie de ces applications, on constate une amélioration notable des rendus et surtout des différences de colorimétrie plus faibles que par le passé. Cela dit, chaque programme à sa « patte ». Si l’on préfère les rendus plus doux et subtils, on se dirigera plutôt vers Aperture, Capture One ou Lighzone. Ce dernier ayant pour lui le traitement par zones qui n’existe pas ailleurs, sauf Photoshop ou Capture NX (qui est dédié aux NEF de chez Nikon, mais qui accepte des TIFF ou JPEG d’ailleurs, seulement cela n’a plus aucun sens).

Pour des rendus plus contrastés, Lightroom et DPP son là. Il faut néanmoins garder à l’esprit qu’il s’agit ici de traitement par défaut, sans aucune retouche. Dans tous les cas, lorsqu’on souhaite donner une allure bien spécifique à ses images, on ira retoucher les contrastes, expositions, couleurs, etc.

Pour ce qui est de l’aperçu pendant le travail de l’image, tous les programmes sont fidèles, à l’exception de DPP qui envoie cette vilaine dominante.
J’ai fait ce test suite à de drôles de comportements d’affichage sur OS X.5. Je penche plutôt pour un bug dans la gestion du profil de l’écran et du profil Adobe RVB des fichiers photo. Ce qui me donnait des images avec une dominante rouge lorsque je les affichais via Aperçu, QuickLook. Je n’ai pas réussi à reproduire la chose.

J’espère que ceci vous sera utile. À vos déclencheurs :)