Mg 0108Je cherchais l’autre jour un déclencheur souple pour mon EOS me permettant de faire des photos en basse lumière avec des temps de pause importants sans risquer des vibrations. Bien sûr, Canon a changé le connecteur sur ses reflex numériques par rapport aux précédents boîtiers argentiques alors qu’il n’y avait pas besoin. Ce qui fait que le déclencheur que je possède pour mon EOS 50e n’est plus utilisable avec le 10D ou 30D.

Après un petit tour sur le site de comparaison de prix toppreise.ch, je décide tout de même d’appeler les deux boutiques photographiques où j’ai parfois acheté de l’équipement histoire de savoir s’ils ont du stock et si le prix est convenable. Le premier me répond qu’il en a un et me le vend un peu plus chère que le prix catalogue actuel. Le second me répond la même chose. Lorsque je lui dis que son prix est supérieur au prix catalogue, il me répond que c’est la liste de prix qu’il a à jour de février 2006. Si son but est simplement de coller les prix catalogue sur sa boutique, je trouve cela pas du tout commerçant comme attitude.

Pour finir, je dis à la personne en question que je peux l’avoir 30 à 40% moins cher en le commandant sur un boutique en ligne, il me répond « C’est à vous de voire Monsieur ». Cela est certain, je ne vais payer le prix fort pour le plaisir, même si je préfèrerais faire vivre les commerçants locaux. Je pensais pouvoir négocier un peu le montant et devant sa phrase qui coupe toute tentative de discussion et me tournerai encore une fois vers un achat en ligne.

C’est est un petit exemple parmi tant d’autres et ce n’est pas tant le montant de l’accessoire le problème que l’attitude. Les choses sont encore plus flagrantes lorsqu’on aborde les prix des objectifs. Cela fait un moment que je lorgne sur le 70-200/f2.8 IS. Je me suis un peu renseigné localement et on m’a fait le même coup de me le proposer au prix catalogue. A titre de comparaison, il y a moyen le l’acheter chez Adorama, à New-York, pour 35% de moins au taux de change actuel, taxes d’importation comprises. Il y a encore moyen de trouver moins cher en cherchant bien.

Cela pour dire que je comprends bien qu’une boutique en dur a des charges qu’une boutique virtuelle n’a pas, comme le personnel en plus, le loyer plus important et quelques autres bricoles. Toutefois, il ne faut pas oublier non plus qu’un site Internet sérieux vendant du matériel a aussi ses charges. Paiement de l’hébergement ou de son infrastructure informatique propre, accès haut débit, stock, logistique, entrepôt. Bien sûr, il y a aussi des différences de tarification selon les pays. A ce niveau, il n’y a que les fabricants qui puissent faire l’effort, si on peu parler d’effort. On sait bien que les prix pratiqués en Asie et aux US, non rien à voir avec ceux auxquels on a droit en Europe de manière générale. Les marges étant bien plus grasses par chez nous. Dans le monde du logiciel, il y a des exemples davantage parlants.

Pour ces raisons, je vois mal comment un magasin photo de ville pourra continuer encore longtemps avec de telles politiques tarifaires de leur propre part et de celles de leurs fournisseurs. Certes, le contact direct et les conseilles auxquelles on a parfois droit dans ces lieux disparaîtront, mais on ne peut plus continuer à se faire plumer de la sorte au risque de voir plein d’emploi disparaître. De mon point de vue de consommateur lambda, je veux surtout avoir le meilleur prix possible, mais suis aussi conscient que cela contribue à faire disparaître des emplois.

On en vient presque à la problématique du commerce équitable. Cela part d’un bon sentiment et de quelque chose qui devrait être la normalité, mais fait porter la charge à l’acheteur final. Dans l’idéal, on devrait pouvoir s’en passer. Il suffirait que l’on paye le juste prix, mais pour cela, certains intermédiaires devraient renoncer à quelques pourcents de marges, et cela est loin d’être gagné d’avance.